Les 3 hôtels insolites à Prague liés au communisme

Si vous cherchez un hôtel atypique pour votre séjour à Prague, pourquoi ne pas dormir dans un hôtel lié à la période communiste. Vous garderez un souvenir très original de votre séjour ! Les 3 hôtels de Prague que je vous recommande dans cet article ont tous une histoire à raconter sur la parenthèse communiste (1948-1989). Le plus impressionnant est le premier de la liste, l’Hotel international 


3 étonnants hôtels « communistes » à Prague pour un voyage dans le temps !


À Prague, les vestiges du communisme disparaissent peu à peu. Mais avec un œil averti, on remarque qu’il reste encore quelques traces de cette époque : porte-drapeaux nus sur de nombreuses façades d’immeubles, statues et symboles dans certaines stations de métro , détails architecturaux ou encore épinglettes vendues dans les magasins d’antiquités et aux puces. Si le sujet vous intéresse, visitez le musée du communisme. Il vous donnera un aperçu de ce qu’était la vie sous le régime totalitaire communiste. Cette période, les Tchèques -et on les comprend- ont plutôt envie de l’oublier. Conseil : n’arborez pas de chapka ou de tee-shirt imprimé avec faucille et marteau, autant de souvenirs à oublier qui vous attireraient des commentaires désobligeants.

Hotel International Prague : Dormez dans un hôtel stalinien !

Hotel International Prague à Prague 6, est un gratte-ciel d’architecture stalinienne (88 mètres) qui en impose avec ses deux ailes symétriques. Il ressemble vraiment aux Seven Sisters de Moscou ! Classé monument culturel, cet établissement 4 étoiles de 278 chambres est situé dans le quartier de Dejvice à seulement 15 minutes en transports en commun du centre-ville et à dix minutes à pied du Château. L’hôtel a été construit entre 1952 et 1956 sur décision du ministre de la Défense de l’époque qui voulait renforcer les liens avec l’Union Soviétique et espérait Staline pour l’inauguration des lieux. Imaginé à l’origine pour loger des soldats, la démesure des lieux a finalement fait qu’il est devenu hôtel classique et même l’hôtel le plus luxueux de la Tchécoslovaquie des années 50. Pour la petite histoire, au dernier moment, on a rajouté deux marches au monumental escalier de l’hôtel alors dénommé Družba (Amitié en russe). Le but ? Que chacun des 44 généraux de l’armée tchécoslovaque ait sa marche. Un parfait exemple du style réaliste socialiste ou sorela. L’étoile posée en son sommet (amovible pour être nettoyée la nuit) est passée du rouge au vert avant finalement de devenir or. Parfaitement rénové il y a peu l’hôtel offre un confort exceptionnel.


Un véritable palais très similaire aux Seven Sisters, les sept gratte-ciel de Moscou


Vous apprécierez à coup sûr son intérieur décoré par les meilleurs artisans de l’époque et qui contraste avec sa façade un peu austère. Le hall d’entrée et son escalier sont particulièrement impressionnants ainsi que les plafonds de stuc, les murs peints, les colonnes de marbre, les tapisseries des Gobelins ou la tapisserie du hall qui représente une vue de Prague et l’ancien monument Staline de la colline de Letná. Ne manquez pas non plus le dernier étage avec son escalier en spirales et son mur de mosaïques colorées. Vous profiterez d’une vue exceptionnelle des bar et club lounge des 15 et 16ème étages… Bref, vous logerez dans un vrai palais ! Je vous conseille aussi si vous avez le temps de faire une petite balade dans le quartier voisin de Podbaba où vous réaliserez que les Praguois vivent dans un environnement très vert avec parfois un parfum de campagne. Enfin, vous trouverez de bons restaurants et tout le nécessaire pas loin, à Vítězné náměstí.

Pour voir les chambres et les disponibilités, c’est ici.

Pour loger à l’Hotel International Prague, réservez ici.

Unitas Hotel : P6, la geôle de l’opposant et futur président Václav Havel

Unitas Hotel à Prague 1 est un hôtel aux prestations exceptionnelles avec des chambres très spacieuses et où le staff, à travers de multiples petites attentions, fera tout pour que vous vous sentiez chez vous. L’établissement est propre et cosy et parfaitement situé dans le centre de Prague où de jolies petites rues vous conduiront en moins de 5 minutes jusqu’à la place de la Vieille-Ville. En résidant à Unitas Hotel rue Bartolomějská, vous ferez tout à pied. Un établissement qui est aussi un lieu chargé d’histoire. Il a d’abord appartenu aux jésuites puis est devenu salle de concert où Beethoven ou Wagner se sont produits. Il a ensuite été donné à l’ordre des Sœurs Grises de Saint-François, ordre expulsé en 1950 mais qui a récupéré ses biens après la chute du communisme en 1990 (entre temps, les lieux ont été occupés par la police secrète). Le monastère était en ruines d’où l’idée pour payer les réparations de faire un hôtel à une époque où les chambres pour touristes étaient rares à Prague avec 25 hôtels (force est de constater que cela a bien changé !) Vous dormirez donc dans un des tous premiers hôtels de Prague resté longtemps une petite pension de dortoirs. Le gérant de l’époque avait alors acheté 150 lits superposés 50 CZK pièce à l’armée tchécoslovaque. Mais rassurez-vous le standing a bien changé et la pension est devenue hôtel en 2008 !


C’est en 1992, trois ans après la Révolution de Velours, que Vacláv Havel reconnait sa cellule


En 1992, au cours d’une visite du Prince Charles, Vacláv Havel, ancien leader de l’opposition et premier président de la République tchèque dès 1993, lui montre la cellule du souterrain de l’hôtel où, incarcéré, il a subi à plusieurs reprises les interrogatoires de la StB, la police secrète du régime communiste tchécoslovaque. L’église Saint Barthélemy toute proche, rénovée grâce à la fondation du Prince Charles, servait elle à l’entraînement au tir et, plus haut dans la rue Bartolomějská, se trouvait un siège important de la police. C’est toujours le cas aujourd’hui et je m’amuse souvent de la placidité de la police tchèque alors que la jeunesse fait du bruit toute la nuit sur le trottoir en face devant les nombreux bars comme Zázemí. Si en 1992 Vaclav Havel n’était pas tout à fait sûr de quelle pièce il s’agissait, il a fini par reconnaître la fameuse cellule P6 et aujourd’hui une plaque est là pour rappeler ce sombre épisode. L’endroit, longtemps utilisé comme chambre du temps de la pension, est resté tel quel avec ses deux lits et son lavabo et chaque hôte de l’hôtel peut demander à voir ce lieu de mémoire. N’hésitez pas !

Pour loger à Unitas Hotel, réservez ici.

Jalta Boutique Hotel : un abri antiatomique réservé aux dignitaires du régime

Jalta Boutique Hotel se trouve place Venceslas, au coeur de Prague. D’ailleurs, comment oublier que vous êtes à Prague quand, à la réception, vous accueille une sérigraphie originale d’Andy Warhol (dont les parents étaient originaires de l’actuelle Slovaquie) représentant Franz Kafka ! Côté déplacements, cet hôtel est donc bien pratique et vous pourrez tout faire à pied là encore que ce soit la Vieille-Ville et le quartier juif (5-10 minutes à pied et en zone piétonne), le pont Charles, Malá Strana, le Château ou les quartier de Vinohrady et Žižkov à Prague 2 et Prague 3. De votre petit balcon si votre chambre donne sur la rue, vous pourrez aussi en toute tranquillité observer l’agitation de la place Venceslas, sorte de « Champs-Elysées praguois ».


Un abri antiatomique si bien caché que même le personnel de l’époque en ignorait l’existence


Mais la raison pour laquelle vous devriez vous souvenir longtemps de l’hôtel Jalta (du nom de la ville de Crimée où s’est tenue la célèbre conférence de 1945 à laquelle participa Staline), c’est probablement la visite de l’abri antiatomique caché dans les sous-sols de l’hôtel depuis les années 50 et de son petit musée de la Guerre froide. C’est là, sur trois niveaux et 20 mètres sous terre, que les dirigeants communistes se seraient rassemblés en cas de guerre nucléaire. Même le personnel de l’hôtel ignorait l’existence d’un tel lieu et jusqu’à aujourd’hui, rares sont les Praguois à connaître l’endroit et sa petite histoire. Les visites, d’une durée d’1h30 et en anglais, sont gratuites pour les résidents de l’hôtel, profitez-en ! Lors de ma visite, le guide était intarissable et vous apprendrez (entre autres !) que des micros étaient placés dans toutes les chambres de l’hôtel à l’époque pour en espionner les occupants (on leur envoyait même des prostituées chargées de les faire parler). Excellent petit-déjeuner également et bon restaurant avec COMO.

Pour loger à Jalta Boutique Hotel, réservez ici.

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