Partez à la découverte des nombreuses légendes de Prague !

Au cours des visites que je propose, je fais souvent référence aux très nombreuses légendes de Prague. Le riche patrimoine de la « ville d’or » est en effet souvent associé à des contes, des légendes, des mythes. Ici ou là, sur le toit d’une église ou la façade d’un immeuble, un petit détail architectural, une sculpture ou un bas-relief a sa petite histoire cachée et renvoie souvent à une des très nombreuses légendes de Prague (quant ce n’est pas un détail associé à ésotérisme, alchymie ou franc-maçonnerie…)

De l’ancêtre des Tchèques Libuše (qui, bien que du 8ème siècle, a vu, dans une sorte de prémonition et depuis la colline de Vyšehrad, le Château de Prague pourtant édifié au 14ème), au martyr Saint Jean Népomucène, soi-disant confesseur de la reine (dit la légende car des raisons plus politiques et religieuses auraient présidé à son exécution…) et statue vénérée du pont Charles, en passant par le rabbin Loew, créateur du Golem de Prague, personnage mythologique ancêtre de Frankenstein et censé veiller sur l’ancien ghetto juif, toute l’histoire de Prague tourne autour de ses légendes. Ses habitants vivent avec cela depuis la nuit des temps.

Si le thème vous intéresse, je vous conseille le livre 77 légendes praguoises de Alena Ježková (Editions Práh) où vous retrouverez certaines des légendes exposées plus bas.

Il existe d’ailleurs une visite de Prague en français sur les mystères et les légendes de Prague (infos ici).

Vous retrouverez dans cet article, sinon les légendes les plus connues de Prague, celles qui me plaisent le plus ou dont on retrouve facilement les détails en ville.

L’horloge de la Vieille Ville

Nicolas de Kadan installa l’horloge originelle de la Vieille Ville vers 1410 et Maître Hanuš de la Rose la répara et l’améliora à la fin du 15ème siècle. Si bien réparée, qu’aucune oeuvre en Europe ne pouvait lui être comparée ! Mais les conseillers municipaux avaient une grande crainte : que Maître Hanuš ne se dédie à une autre horloge encore plus belle et parfaite et pour une quelconque autre ville étrangère. Une nuit, on lui donc crever les yeux. Après de grandes souffrances, le maître se rendit alors à l’horloge et l’endommagea gravement. Il fallut de longues années avant qu’on ne trouvât quelqu’un capable de la réparer…

Pour plus d’infos, lisez mon article sur l’horloge astronomique de Prague ici.

Les 27 seigneurs décapités place de la Vieille-Ville

Vous trouverez sur le parvis de la place de la Vieille-Ville 27 croix blanches au sol. Le 21 juin 1621, le roi Ferdinand II fit en effet décapiter des seigneurs tchèques qui s’opposaient à lui : 10 aristocrates, 15 notables de Prague et 2 notables de Kutná Hora et de Žatec. Le spectacle effroyable commença à 5h du matin et finit à 13h. 12 têtes furent ensuite suspendues sur la tour d’entrée du pont Charles côté Vieille Ville. Leurs amis et proches les décrochèrent et les enterrèrent 10 ans plus tard (on dit aussi qu’elles sont dans les murs de l’église Notre-Dame du Týn…) Depuis leur exécution, chaque 21 juin, jour anniversaire de leur mort, les esprits des seigneurs décapités se rendent vers minuit à l’horloge astronomique pour examiner son fonctionnement. Si l’horloge marche à la perfection, ils se réjouissent alors de la prospérité des pays de Bohême dont ils étaient les plus éminents représentants et se rendorment apaisés…

Pour plus d’infos, lisez mon article sur la place de la Vieille-Ville de Prague ici.

Le crapaud vert

Entre la mairie actuelle et la place de la Vieille-Ville, au 8 rue U Radnice (en face de la maison natale de Kafka sur la façade de laquelle se trouve aujourd’hui le portrait en bronze du grand écrivain), vous trouverez une façade ornée d’un crapaud vert (aujourd’hui l’hôtel U Tří Bubnů -Aux trois tambours- et qui abrite un restaurant brésilien du groupe Ambiente). Jadis, un tailleur baptisé Petit-Coude résidait là. Ce tailleur adorait les saltimbanques et assistait à tous les spectacles. Un jour, un jeune homme en justaucorps vert et au corps en caoutchouc le fascina. L’artiste pouvait plier son corps en tous sens si bien qu’il était impossible de distinguer l’avant de l’arrière. Notre tailleur rentré chez lui se confectionna un costume vert. Un peu plus tard, la gouvernante de Petit-Coude, alors en train de cuisiner, entendit des hurlements en provenance de la chambre de Monsieur. Montée à cette dernière, elle ouvrit la porte et découvrit un énorme crapaud vert. Affolée, elle ameuta tout le quartier et, arrivée sur place, la police découvrit Petit-Coude dans un étrange costume vert. Il avait lancé, comme l’acrobate, ses jambes au-dessus de ses épaules mais n’avait pas ensuite réussi à les faire revenir en arrière et la gouvernante l’avait trouvé dans cette fâcheuse posture. On rit beaucoup dans tout Prague de cette mésaventure et quand Petit-Coude mourut, ses voisins firent sculpter en mémoire de lui, au-dessus de la porte de la maison, un grand crapaud en pierre…

La main coupée

Dans la belle église baroque Saint-Jacques-le-Majeur (superbe façade sculptée et basilique depuis 1974), à droite de l’entrée du magnifique tombeau baroque de Vratislav z Mitrovic lui-même orné de magnifiques sculptures baroques réalisées par Ferdinand Maxmilián Brokoff, une main humaine momifiée pend à une chaîne depuis plus de 400 ans. Une plaque commémorative juste en-dessous conte l’histoire de cette étrange installation. Un jour, un voleur qui s’était laissé enfermé dans l’église durant la nuit, avait tenté de dérober les bijoux qui ornaient la statue de la Vierge Marie placée sur l’autel. Alors qu’il s’apprêtait à voler son collier de perles, la statue lui agrippa brusquement la main. Impossible pour le voleur que de se soustraire à cette emprise. Même le sacristain qui le découvrit le lendemain n’y put rien et on dut appeler le bourreau qui lui trancha la main d’un coup de hache. La main fut ensuite accrochée au mur pour décourager les voleurs… Le voleur de notre histoire, lui, entra au monastère…

Le puits d’or

Au coin des rues Karlova et Seminářská, se trouve la maison U Zlaté studně (Au Puis d’or). Dans sa cave, se trouve un puits où on aperçut des éclats dorés venant très certainement d’un trésor caché. Un jour, une servante se pencha tellement au-dessus du puits qu’elle y tomba et s’y noya. On remonta le corps de la pauvre malheureuse et on nettoya le puits. En ce faisant, une pierre se détacha et on découvrit un trésor de ducats. Ce dernier fit la fortune du propriétaire mais la fantôme de la servante noyée lui gâcha son bonheur. Il hantait la maison la nuit , trempé et poussait des gémissements…

Le golem de Prague

Le rabbin Loew fit de longues recherches dans des livres savants, il voulait en effet protéger à tout jamais sa communauté. Il décida donc de créer un être à la force surhumaine pour veiller sur le ghetto juif. Aidé de deux étudiants, il modela de la glaise dans la cave de sa maison pour créer le golem, une créature géante. Un des disciples fit sept fois le tour du golem en récitant des paroles sacrées jusqu’à ce que le monstre devienne incandescent. L’autre disciple fit ensuite s’allonger le golem et ses incantations refroidirent la matière bouillante. Enfin, le rabbin tourna sept fois à nouveau autour de la créature en prononçant les paroles sacrées avant d’introduire dans la bouche du golem un morceau de parchemin sur lequel étaient inscrites des signes cabalistiques. Le monstre s’éveilla alors, s’assit puis se leva. Il était tellement grand que ses épaules touchaient la voûte du plafond. Bien qu’il ne soit pas doué de langage, il ressemblait peu ou prou à un humain et on l’habilla comme un serviteur de la synagogue Vieille-Nouvelle. Le rabbin le présenta ensuite à sa femme : « Notre nouveau domestique, Joseph, habitera chez nous. Il aidera à la synagogue comme en notre foyer ». Le jour, le golem vaquait donc à ses occupations à la synagogue ou dans la maison du rabbin. La nuit, il arpentait les rues du ghetto afin qu’aucun malheur n’arrive et quand de mauvaises gens le croisaient, ils se faisaient tout petits. Il obéissait volontiers mais ne savait mesurer les limites et quand on lui demandait d’aller acheter des pommes, il revenait avec tout l’étal et la marchande terrifiée en sus ! Il y avait une chose que le rabbin ne devait surtout pas oublier de peur que le golem ne devienne incontrôlable : retirer l’amulette de sa bouche avant la prière du vendredi soir qui introduisait le jour du Sabbat, le samedi, jour de calme et de repos. Un jour, préoccupé par la maladie de la plus jeune de ses filles, le rabbin se rendit à la prière mais oublia de retirer l’amulette. Assis sur son banc dans la cuisine, le golem finit par se lever et faire les cent pas. Puis il sortit dans la ville et commença à casser toutes les vitres, arracha les enseignes en bois, fit sauter les portes, déracina les arbres… Bref, il ravagea toute la ville avant de retourner à la maison du rabbin jusque-là épargnée et y détruisit meubles, vaisselle ou tableaux. La servante du rabbin vient le prévenir mais ce dernier avait commencé à entonner les chants sacrés, la psaume qui débutait le Sabbat avait déjà été chanté et plus personne n’avait le droit d’effectuer une quelconque activité. Comme des vies humaines étaient en jeu, le rabbin se précipita malgré tout chez lui et ordonna à Joseph d’arrêter. Le golem obéit sagement et se laissa enlever l’amulette de la bouche. Le rabbin, lui, retourna à la synagogue et reprit depuis le début le psaume qui annonçait le commencement du Sabbat. C’est pourquoi, depuis ce jour-là, on chante deux fois le 92ème psaume à la synagogue Vieille-Nouvelle à la différence de toutes les autres synagogues du monde ! Conscient des dangers encourus, le rabbin fit monter les deux disciples et le golem dans le grenier de la synagogue. On fit allonger le golem les yeux fermés et les trois hommes récitèrent en sens inverse les incantations sacrées. Le golem ne respirait plus. Le rabbin enleva l’amulette de sa bouche et, suivi de ses deux disciples, fit sept fois en sens inverse le tour du golem qui commença à se craqueler et s’effriter. Le rabbin annonça à tous que Joseph avait quitté la ville pour toujours et interdis qu’on monte au grenier. Plusieurs siècles plus tard, un étudiant qui avait longuement étudié les vieilles inscriptions juives jusqu’à en découvrir les formules sacrées, voulut redonner vie au monstre d’argile dans l’espoir de s’enrichir. Il monta au grenier et introduisit l’amulette dans la bouche du géant qui se réveilla et grandit jusqu’à constituer ume montagne de glaise incandescente. Pris de panique, l’étudiant retira l’amulette de la bouche du golem qui se figea avant de s’écrouler et d’enterrer vivant sous un masse de terre séchée le malheureux étudiant.

Pour plus d’infos, lisez mon article sur le quartier juif de Prague ici.

La rue d’or du quartier juif

Dans le quartier, juif vous trouverez Zlatá ulice (la rue d’or). Y habitait il y a bien longtemps, une très jolie fille, Hana, la fille du rabbin. Cette dernière avait pour habitude d’aller nager nue dans la rivière, ignorant qu’un jeune ondin aux cheveux verts, ensorcelé par sa beauté, l’espionnait en cachette. Celui finit par déclarer son amour à Hana qui tomba sous le charme du jeune homme. Après bien des tentatives, l’ondin finit par convaincre la jeune femme folle d’amour d’aller vivre avec lui dans son palais situé dans les profondeurs de la Vltava. Et Hana disparut du jour au lendemain, au grand désespoir de ses parents qui, après avoir vainement dragué les fonds de la rivière, pensaient qu’elle s’était noyée. Personne ne savait qu’elle vivait heureuse et attendait même un enfant. C’est d’ailleurs pourquoi elle supplia l’ondin d’aller chercher sa tante qui était sage-femme. Cette dernière mit au monde un petit homme aux cheveux verts et, avant qu’elle ne regagne la berge et la ville, sa nièce lui conseilla de demander un peu de charbon et non des perles ou des pierres précieuses si l’ondin venait à vouloir la récompenser. Elle se hâta de rentrer chez elle mais, son tablier étant troué, sema derrière elle de très nombreux petits morceaux de charbon sur son chemin. Une fois arrivée, elle posa son tablier et se coucha. Mais au milieu de la nuit, des cris venus de la rue la réveillèrent, les gens ramassaient des morceaux d’or dont son tablier était plein également. C’est pourquoi, jusqu’à aujourd’hui, on appelle cette rue la rue d’or.

Pour plus d’infos, lisez mon article sur le quartier juif de Prague ici.

Le petit garçon pétrifié

L’église Saint-Martin dans les murs (8 rue Martinská) porte ce nom car incluse à l’origine dans les remparts médiévaux qui ceinturaient la Vieille Ville (une partie de l’église était dans la ville et une plus grande hors la ville). C’est l’une des plus anciennes de Prague (12ème s., rénovée dans le style gothique au 14ème s.) Elle est restée quasiment intacte depuis le Moyen Âge, ce qui fait d’elle un joyau d’architecture romane et gothique. Des concerts d’orgue et de musique classique y ont régulièrement lieu et des membres de la célèbre famille de sculpteurs Brokoff ont été enterrés dans le cimetière attenant à l’église (ils avaient leur cabane de sculpteur à proximité et ont joué un rôle déterminant dans la création des saints sur le pont Charles (plaque commémorative sur le mur nord de l’église). Un jour, un enfant cherchait des pigeonneaux dans leur nid sur le toit de l’église, il faisait des pitreries et criait en haranguant ses copains dans la rue. Un vieux monsieur passa et lui ordonna de cesser ses bêtises. Le petit garçon répondit à cette réprimande par une grimace. C’est alors que le vieux monsieur, les deux mains levées, marmonna quelque-chose. Immédiatement, le petit garçon fut transformé en pierre et nous adresse encore jusqu’à aujourd’hui agenouillé ses grimaces… Vous pourrez vous aussi le sermonner en haut du pilier de gauche au derrière de l’église.

Les oeufs du pont Charles

Il y a bien longtemps, on traversait la rivière Vltava par des gués avant qu’on ne construise un pont de bois au 10e siècle. Puis ce fut le premier pont de pierre en 1158. Avec 500 m, c’était le plus long d’Europe centrale. On le baptisa Judith, la femme de Vladislav II, sous le règne duquel ce pont fut édifié. Un pont qui ne résista pas aux grandes crues de 1342. Il fallut donc attendre l’empereur et roi Charles IV pour construire un nouveau pont. Selon une date déterminée par les astronomes, la première pierre fut posée en l’an 1357, le 9 juillet à 5h31 du matin, ce qui répond à l’ordre des chiffres 1-3-5-7-9-7-5-3-1. C’est Petr Parler, l’architecte de la cathédrale Saint-Guy qui avait été chargé de la construction et il avait rajouté au mortier du vin et des oeufs crus pour en renforcer la solidité. Or, Prague ne recelait pas assez d’oeufs et on fit venir des oeufs de tous les coins de Bohême. Les charrettes, garnies de paille et d’oeufs, s’agglutinaient sur la rive et des maçons cassaient des oeufs et les mélangeaient à la chaux. Mais à Velvary, on comprit mal les ordres du roi et, craignant que les oeufs ne se cassent, on les fit bouillir et les oeufs arrivèrent durs… Tout Prague se moqua des habitants de Velvary et cette histoire les poursuit toujours aujourd’hui. Car, si après analyse scientifique du mortier, il n’y a aucune protéine animale dans ce dernier, chaque année au printemps, une charrette remplie d’oeufs durs venant de Velvary traverse le fameux pont Charles ! Cela fait partie des ancestrales légendes de Prague, toujours aussi vivantes aujourd’hui.

Pour plus d’infos, lisez mon article sur le pont Charles ici.

L’enfant du pont Charles


Lorsque que le chanoine et futur Saint Jean Népomucène (la statue vénérée du pont Charles, celle que tout le monde touche) fut jeté dans la rivière Vltava, toute une arche du pont s’écroula immédiatement. Personne n’arrivait à la reconstruire… Ce que les maçons édifiaient la nuit, tombait le jour jusqu’à ce qu’un architecte, qui s’était mis en tête de réparer le pont, reçut la visite du diable. Il l’aiderait mais, en échange, il obtiendrait l’âme du premier être vivant qui traverserait le pont reconstruit. L’architecte donna son accord et le pont fut reconstruit sans accroc. Personne n’eut le droit bien sûr de traverser le pont avant sa réouverture. Malin, l’architecte cacha un coq dans la tour côté Vieille Ville pour qu’il soit le premier à traverser le pont et ainsi duper le diable. Mais ce dernier était plus malin encore et, déguisé en apprenti maçon, il attendit que l’architecte sorte de chez lui Petit Côté pour se précipiter vers sa femme et lui annoncer qu’un malheur était arrivé à son mari de l’autre côté de la rivière. Dans la tour du Petit Côté, on la laissa aller… et le diable s’empara de l’âme de la personne que l’architecte chérissait le plus au monde ! La femme de l’architecte, enceinte qui plus est, mourut la nuit suivante et on dit que le spectre de l’enfant à naître planait la nuit au-dessus du pont et que les passants solitaires qui traversaient en hâte le pont en entendaient parfois les éternuements. Un jour, un homme de la campagne répondit « à vos souhaits » à ces derniers et l’âme de l’enfant fut alors délivrée !

La statue de Bruncvík du pont Charles

Vous remarquerez une trente et unième statue sur le pont Charles. Elle se cache sur un pilier du pont à Kampa et représente Bruncvík une épé dorée en main. On appelle aussi cette statue Roland, en référence au héros des légendes de chevalerie médiévales colportées alors dans toute l’Europe. Il y a un lion blotti aux pieds de Bruncvík car c’est lui qui incorpora le lion dans les armes du royaume de Bohême. Le père de Bruncvík, le prince Stilfried, qui régnait dans des temps reculés sur les territoires tchèques, avait en effet dans ses armes l’emblème d’un poêle en fer. Il rêvait bien évidemment d’un emblème plus majestueux et, grâce à son courage mis au service du roi de Naples, put choisir un aigle noir sur fond doré. Une fois mort, son fils, le chevalier Bruncvík, lui succéda et se mit aussi en quête d’un blason encore plus majestueux. Après avoir traversé bien des mers, il assista un jour dans un endroit reculé au combat entre un dragon à sept têtes et un lion. Comme ce dernier faiblissait, Bruncvík lui vint en aide et tua le dragon. Reconnaissant, le lion le suivit et un lion argenté sur fond rouge devint l’emblème du Royaume de Bohême. On dit aussi que Bruncvík trouva en chemin une épée magique avec laquelle il vainquit tous ses ennemis. Cette épée est aujourd’hui emmurée dans un pilier du pont. Lorsque les pays tchèques seront au plus bas, le prince Venceslas apparaitra sur son cheval blanc qui raclera du sabot le pavé du pont Charles et l’épée magique jaillira alors pour délivrer le royaume de Bohême…

Le jésuite trop curieux

Pour bien des visiteurs de Prague, Saint-Nicolas (au n° 23 de Malostranské náměstí) restera l’église la plus belle qu’ils aient vue de leur vie. Et pour cause, les jésuites qui l’ont fait édifiée était un ordre riche et puissant, aussi ont-ils eu recours aux meilleurs architectes et artistes de l’époque. La grande fresque sur la voûte principale est superbe et représente Saint-Nicolas, patron des commerçants, qui domine un port de marchandises. Le peintre choisi n’avait accepté la commande qu’à condition que personne ne le dérange dans son travail. Or, alors qu’il était en train de peindre, il surprit le reflet dans un vitrail d’un jésuite trop curieux qui, caché derrière une colonne, l’admirait travailler. Fâché et à l’aide d’un miroir, le peintre croqua d’un geste rapide l’apparence d’un moine, non sans avoir ensuite admonesté le jésuite qualifié de vilain curieux. Ce dernier retint son souffle et sortit sur la pointe des pieds. Il pria toute la semaine pour que le peinte de se plaint point à son supérieur et rien ne se passa à son grand soulagement. Le jour où le peintre dévoila enfin son oeuvre aux membres de l’ordre rassemblés, l’un deux s’écria : « Regardez ! Un vilain curieux a été représenté caché derrière une colonne. Mais… Ne le reconnaissez-vous pas ? » Tous les regards se tournèrent vers le concerné qui devint rouge de honte et tous ses pairs s’esclaffèrent. Aujourd’hui encore, vous verrez ce vilain curieux sur la belle fresque de Saint-Nicolas.

Pour plus d’infos, lisez mon article sur Saint-Nicolas ici

La cloche du clocher de la cathédrale Saint-Guy

Le clocher de la cathédrale Saint-Guy du Château est, avec près de 100 m, la plus haute tour médiévale de Prague. Il abrite aussi la cloche la plus lourde du pays (18 tonnes pour près de 2 m de haut)? Une cloche si lourde qu’il fallut 32 chevaux pour la monter jusqu’au Château. Et quand il s’agit de la faire monter en haut du clocher, aucune corde ni résista. Cela contrariait fortement le roi bien entendu mais sa fille se proposa de la faire monter. Le roi lui confia volontiers la tâche car il savait ô combien elle était intelligente et il se montrait curieux de voir comment sa fille allait s’en sortir. Cette dernière fit venir toutes ses amies avec lesquelles elle s’enferma. Elles se coupèrent mutuellement leurs longs cheveux et tressèrent une corde fine et solide. Après quoi, la fille du roi ordonna aux charpentiers et forgerons de construire une machine de son invention et, contre toute attente après les infortunes passées, la cloche s’éleva lentement et parvint jusqu’au clocher sous les clameurs de la foule réunie…

Pour plus d’infos, lisez mon article sur la cathédrale Saint-Guy ici.

La lampe en or miraculeuse

Toujours dans la cathédrale Saint-Guy, se trouve le somptueux tombeau en argent massif de Saint Jean Népomucène. Parmi de superbes lampes d’argent qui l’ornaient s’en trouvait une en or mais l’orfèvre qui l’avait réalisée tomba dans la misère pour une faute qu’il n’avait pas commise. Alors que la prison le guettait, Saint Jean Népomucène lui apparut en rêve trois nuits de suite pour l’exhorter à voler la lampe en or et la vendre pour rembourser ses dettes. Honnête homme, l’orfèvre finit par s’y résoudre après bien des hésitations et se rendit de nuit dans l’église. Là, agenouillé, la lampe lui tomba littéralement dans les mains. Il fit fondre cette dernière, remboursa ses créanciers et échappa à la prison. Pour remercier le saint, il se rendit à nouveau à l’église où, surprise, la lampe était toujours suspendue au-dessus du tombeau ! Une fois sorti du besoin, il fit fondre une nouvelle lampe en or plus belle encore qu’il alla suspendre au-dessus du tombeau. La lampe en or d’origine avait à nouveau disparut pour laisser place à la nouvelle…

Pour plus d’infos, lisez mon article sur la cathédrale Saint-Guy ici.

Libuše et les Přemyslides

La légende raconte que Libuše serait la petite-fille du prince Čech qui a donné son nom au pays et qui amené les premiers Slaves sur le territoire. La princesse Libuše faisait des prédictions et lisait dans l’avenir et c’est elle qui, à la mort de son père, le prince Krok, fut choisie parmi ses soeurs par les anciens pour présider aux destinées du pays. Un jour, au château de Vyšehrad, situé sur un gros rocher qui domine la Vltava, Libuše dut trancher un conflit entre deux gentilhommes. Celui qui fut déjugé prit la mouche et s’exclama : « Quelle honte pour nous, hommes, qu’une femme nous dirige ! » De par sa grande sagesse, Libuše se tut un moment puis annonça alors qu’elle allait prendre un mari amené à devenir le souverain de tous les Tchèques. Elle ordonna à ses messagers d’aller chercher dans un très lointain village un laboureur prénommé Přemysl. Son cheval blanc les y conduirait à travers montagnes et torrents. C’est ce qui arriva et quand le cheval hennit devant un homme jeune et fort en train de labourer avec ses deux boeufs, ce dernier ne fut nul surpris. Il alla donc, escorté, à Vyšehrad sans oublier de jeter dans une besace ses vieux souliers pleins de terre pour que ses descendants n’oublient pas d’où ils viennent. Les noces durèrent trois jours et trois nuits et Přemysl et Libuše devinrent mari et femme, prince et princesse. Et c’est aussi du haut des remparts de Vyšehrad, qu’un après-midi d’été, Libuše regarda les collines boisées sur la rive opposée et commença à prophétiser : « Je vois une ville, grande et belle, dont la gloire s’élevera un jour jusqu’aux étoiles. Allez là-bas, vous trouverez un homme est entrain d’équarrir le seuil de sa maison et, au même emplacement, vous construirez un fort que vous appellerez Seuil (Praha en tchèque soit Prague en français). Přemysl envoya des messagers qui construisirent un château fort là où se trouvait l’homme. Au fil des siècles, le château de Prague devint le siège des princes puis des rois tchèques et, comme on s’incline pour passer le seuil de sa maison, le monde entier s’incline aujourd’hui devant la beauté de la ville qui porte le nom de ce qui n’était à l’origine que le Château…

Pour plus d’infos, lisez mon article sur Vyšehrad ici.

23 Comments

  1. Bonjour Mathieu,
    Je vous ai découvert en achetant votre petit guide pour préparer notre séjour à Prague du 15 avril au 20 avril 2024 afin de rendre visite à notre fils, étudiant, qui y séjourne actuellement dans le cadre du programme ERASMUS. Nous sommes un groupe de 6 adultes et 2 enfants et nous aimerions beaucoup profiter de votre connaissance de Prague grâce aux visites que vous proposez. Quels sont les choix que vous pouvez nous suggérer, sachant que c’est notre toute première visite à Prague, et quels sont vos tarifs?
    En vous remerciant par avance pour votre réponse,
    Claudine HABETS

      1. Bonjour
        J’aimerai connaître vos tarifs pour une visite de Prague fin mars.
        Est 2 hôtels repéres pour avoir votre avis.
        Top votre blog
        En vous remerciant d’avance
        Rudy

        1. Bonjour Pierre et merci, je vous ai écrit un email dans lequel vous retrouverez toutes les infos pratiques sur la visite. Bien à vous et bons préparatifs,

  2. Bonjour,
    Après un séjour d’une semaine à Cracovie, nous enchainons avec une visite de Prague. Ma cousine et moi arriverons par le train le 7 septembre. Nous avons opté pour un séjour en appartement (réservation non effectuée). Nous quitterons Prague certainement le 14 septembre. Ce qui nous laisse 6 jours pour découvrir cette très belle capitale. Nous aimerions afin de prendre nos marques dans celle-ci faire une visite guidée en français à notre arrivée. Que pouvez-vous nous proposer ? Nous sommes prêts à nous joindre à un petit groupe déjà existant. Nous pensions également visiter le château d’Houska. Avez-vous eu l occasion de le visiter ? Il nous semble être difficile de s’y rendre sans être véhiculé. Avez-vous un bon plan pour s’y rendre. Devons nous consacré une journée aux environs proches de Prague ?
    Votre site regorge d’infos et de précieux renseignements ! Merci pour tout cela.
    Bien à vous
    Bruno Archer

    V

    1. Bonjour Bruno, pour une visite guidée, je vous écris un email. Je ne connais pas le château de Houska mais il y a tellement de châteaux partout que ce serait difficile de tous les connaître… Celui de Karlštejn est sûrement le plus connu et très accessible en train (trajet de 30 minutes depuis la gare principale de Prague et trains toutes les 30 minutes environs). La Tchéquie a le réseau de chemins de fer le plus dense de l’UE et le moindre village est accessible en train ou en bus mais, c’est vrai, cela peut parfois être un peu compliqué (changements et durée du voyage assez longue par rapport à la voiture). Pour une excursion sur une demi-journée, vous avez aussi Kutna Hora. Et puis Prague avec ses 500 km2 (5 fois Paris) est inépuisable de toute façon… Bien à vous et bons préparatifs,

  3. Bonjour Mathieu,
    Nous avons des amis qui rentrent tout juste de Prague et qui ont été ravis de vous y rencontrer.
    Nous y serons du 25 au 29 février.
    Avez-vous des visites programmées à cette période ?
    Bien à vous,
    Aurélie

  4. Bonsoir,
    Nous allons visiter Prague du 26 février au 1 mars.
    Avez-vous des visites guidées de programmées sur cette période ?
    Merci de votre retour !

  5. Bonjour
    Merci pour ce blog qui fourmille d’informations. Nous aurions souhaité faire la visite des légendes ce soir le lundi 12 février ou le mardi 13 février 2024 Est-ce qu’il vous reste des places pour deux adultes et un ado ? Merci de votre retour. Bien cordialement.

    1. Bonjour Sandra et merci, j’ai effectivement écrit un article sur les légendes de Prague, un sujet abordé au cours de mes visites mais parmi bien d’autres ! Au sujet d’une visite spécialement orientée vers les légendes de Prague, je ne connais que celle-ci. Bien à vous,

  6. Bonjour,
    Nous partons à Prague en famille, dimanche 18 février et ce jusqu’au 22 février.
    Auriez vous des conseils de visites en sachant que nous allons résider à l’hotel Leon D’Oro.
    Merci par avance

  7. Bonsoir Mathieu

    Nous serons à Prague du 27 au 30 mars

    Pouvez vous me contacter par mail pour une visite guidée et avis sur choses à faire

    merci Stéphanie

  8. Bonjour
    Mon compagnon et moi serons à Prague entre le 04 et le 09 avril prochain
    Pourriez vous m’indiquer quelle sont les visites guidées que vous organisez?
    Et quels sont les clubs de jazz que vous pouvez nous conseiller?
    merci pour votre retour et à très bientôt sans doute!
    Véronique

    1. Bonjour Véronique, pour les clubs de jazz, Reduta est probablement le plus connu. U Maleho Glena sur la rive opposée plus confidentiel. Malheureusement, je ne les fréquente pas souvent. Pour une visite guidée, je vous écris un email. Bien à vous et bons préparatifs,

  9. Rebonjour Mathieu, fausse manip, jamais effacé votre mail en le lisant. Il n’est même pas dans la corbeille ! Pouvez-vous me le renvoyer? Merci !

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